La première réticence lorsqu'on parle de composter en intérieur, c'est l'odeur. Beaucoup s'imaginent une poubelle qui fermente au milieu de la cuisine. C'est un mythe tenace ! Un compost bien géré est totalement inodore, voire dégage une agréable odeur d'humus forestier. Ce guide technique vous explique pourquoi les odeurs apparaissent et, surtout, comment les éviter à 100%.
La science des odeurs : Pourquoi ça sent mauvais ?
Pour maîtriser les odeurs, il faut comprendre ce qui se passe à l'intérieur de votre bac. La décomposition peut se faire de deux manières :
- La décomposition Aérobie (Avec oxygène) : C'est celle que nous voulons. Les bactéries aérobies transforment la matière organique en compost, en chaleur et en CO2. Ce processus est sain et ne dégage aucune mauvaise odeur.
- La fermentation Anaérobie (Sans oxygène) : C'est celle qu'il faut éviter (sauf en Bokashi). Lorsque l'air ne circule plus (compost trop humide, tassé), d'autres bactéries prennent le relais. Elles produisent du méthane, de l'hydrogène sulfuré (œuf pourri) et de l'ammoniaque.
Conclusion : Si votre compost sent mauvais, c'est qu'il étouffe. Votre mission est de lui redonner de l'air.
La règle d'or : L'équilibre Carbone / Azote (C/N)
C'est le secret absolu des experts du compostage. Les déchets de cuisine (épluchures) sont riches en eau et en azote (les "Verts"). S'ils sont seuls, ils se tassent et pourrissent.
Pour neutraliser cela, vous devez créer une structure absorbante avec des matières carbonées (les "Bruns"). Le carbone agit comme une éponge qui boit les jus odorants et structure le mélange pour laisser passer l'air.
La Recette Magique : Pour chaque volume de déchets de cuisine déposé, ajoutez immédiatement 50% de volume en matières sèches (carton, papier kraft, boîtes d'œufs). Ne dérogez jamais à cette règle en appartement.
Consultez notre liste complète des matières sèches indispensables pour avoir toujours un stock sous la main.
L'équipement : Filtres et gestion des jus
En appartement, le choix du matériel est crucial pour la sécurité olfactive :
- Le filtre à charbon actif : Si vous utilisez un bac de collecte sur le plan de travail, assurez-vous qu'il possède un filtre à charbon dans le couvercle. Il capture les molécules odorantes avant qu'elles ne s'échappent.
- Le robinet de vidange (Lombricomposteur) : L'accumulation de liquide (thé de compost) au fond du bac peut devenir malodorante (eau stagnante). Vidangez votre lombricomposteur au moins une fois par semaine.
- L'étanchéité du Bokashi : Le système Bokashi repose sur l'étanchéité totale. Vérifiez régulièrement les joints de votre seau. Une fuite d'air peut faire pourrir le contenu au lieu de le fermenter.
La "Liste Rouge" : Ce qu'il ne faut pas mettre (au début)
Certains aliments sont plus risqués que d'autres en termes d'odeurs. Si vous débutez ou si vous vivez dans un petit espace, évitez absolument :
- ❌ Viandes et poissons : Ils attirent les nuisibles et sentent très fort en se décomposant.
- ❌ Produits laitiers : Fromage, yaourt, lait tournent et rancissent rapidement.
- ❌ Ail et Oignon (en excès) : Leurs composés soufrés sont naturellement odorants et peuvent incommoder les vers de compost.
- ❌ Graisses et huiles : Elles enrobent les déchets, empêchant l'air de passer et créant une zone anaérobie.
Pour savoir ce que vous pouvez mettre sans risque, consultez notre page Que mettre dans son compost ?.