Odeurs du Bokashi : Que sent la bonne fermentation (et la mauvaise) ?

Gros plan sur un seau Bokashi fermé avec le robinet pour le jus, illustrant l'étanchéité qui contrôle les odeurs.
Le Bokashi est un système en principe inodore. L'odeur n'apparaît qu'à l'ouverture, et doit être un indicateur de sa santé.

Introduction : Le Bokashi, un système inodore ?

L'un des arguments majeurs du Bokashi en intérieur est l'absence d'odeurs désagréables, contrairement à un composteur classique ou même parfois un lombricomposteur mal géré. Le secret réside dans le processus anaérobie de la fermentation.

Tant que le seau est fermé hermétiquement, les micro-organismes efficaces (EM) travaillent en l'absence d'oxygène, créant un environnement acide qui supprime les bactéries de putréfaction (celles qui sentent mauvais). L'odeur n'apparaît que lors de l'ouverture du couvercle, et elle est un indicateur de la santé de votre système.

L'odeur saine : Fermentation lactique

Une fermentation Bokashi réussie produit une odeur distincte qui ne doit jamais être confondue avec celle de la pourriture. Si votre Bokashi se porte bien, attendez-vous aux sensations olfactives suivantes :

  • Aigre-douce : La note principale est une odeur acide, souvent comparée à celle du vinaigre, des cornichons ou de la choucroute. C'est l'odeur typique de l'acide lactique produit par les bactéries.
  • De levure/Pain : On peut parfois sentir des notes rappelant la levure de bière ou le pain en fermentation. Cela est dû aux micro-organismes qui transforment les sucres.
  • De cidre/Vin : Certains utilisateurs décrivent une légère odeur fruitée et alcoolisée, surtout en début de processus.

Conclusion : Si ça sent le vinaigre, des pickles ou du yaourt, votre Bokashi fonctionne parfaitement. Le contenu, après fermentation, aura souvent un aspect «mariné», parfois avec un peu de moisissure blanche (un très bon signe) ou verte/bleue sur le dessus.

L'odeur alarmante : Putréfaction et Causes

Si, à l'ouverture, vous êtes accueilli par une odeur pestilentielle (putride), c'est que la fermentation a échoué et que le processus de putréfaction classique (décomposition aérobie) a pris le dessus. Il faut agir rapidement.

Signes d'échec du Bokashi (Mauvaise odeur)

  • Œuf pourri (sulfure d'hydrogène) : Signe de putréfaction avancée.
  • Ammoniaque : Souvent causé par trop de protéines (viande) ou d'azote mal géré.
  • Rancie/Acre : Une odeur forte et insupportable de poubelle non ramassée.
  • Visuel : La présence de moisissure noire ou grise est un mauvais signe, de même que la présence de vers ou de moucherons, qui indiquent une aération.

Les Causes Principales de l'échec

La putréfaction arrive lorsque l'environnement anaérobie est compromis :

  1. Un seau mal fermé : L'air pénètre et permet aux bactéries de putréfaction (aérobies) de se développer. C'est la cause la plus fréquente.
  2. Pas assez d'activateur (Son EM) : Les micro-organismes efficaces sont en sous-nombre et n'arrivent pas à acidifier le milieu assez vite pour prendre le contrôle.
  3. Un excès d'humidité : Un trop-plein de liquide (surtout sans drainage) peut noyer les EM et créer un environnement de décomposition humide.

Les solutions en cas de mauvaise odeur

Si votre Bokashi sent mauvais, tout n'est pas perdu. Vous pouvez tenter de le sauver :

  1. Drainer immédiatement : Purgez tout le jus de Bokashi accumulé pour réduire l'humidité excessive. Jetez ce jus dans les canalisations.
  2. Ajouter de l'activateur : Saupoudrez une très grande quantité de son EM (une double dose) sur les déchets et mélangez superficiellement la couche supérieure.
  3. Tasser et sceller : Tassez très fermement pour chasser tout l'air emprisonné, puis refermez le couvercle en vérifiant l'étanchéité. Laissez fermenter au calme pendant une semaine de plus.

Si l'odeur persiste après cette intervention, le contenu est irrécupérable en tant que pré-compost sain pour vos plantes. Il devra être jeté dans le composteur classique (bien enfoui) ou directement enterré loin de chez vous pour laisser le sol le neutraliser.

La prévention : 3 règles d'or pour un Bokashi inodore

Contrôler les odeurs revient à s'assurer que le milieu anaérobie est maintenu en permanence.

  1. L'étanchéité est sacrée : Le couvercle doit toujours être parfaitement fermé. N'ouvrez le seau qu'une fois par jour maximum, le temps de déposer vos nouveaux déchets.
  2. Tassez, tassez, tassez : Après chaque ajout, utilisez la spatule pour tasser fermement les déchets et évacuer l'air. C'est l'étape cruciale pour un Bokashi anaérobie réussi.
  3. Drainez le jus régulièrement : Le jus de fermentation doit être retiré tous les 2 à 3 jours, surtout si vous mettez beaucoup de fruits et légumes juteux. Si le liquide s'accumule, il favorise la putréfaction et noie l'activité des EM.

Questions Fréquentes

Au contraire, la moisissure blanche (souvent cotonneuse et fine) est un excellent signe ! Elle indique la présence des Actinomycètes, des bactéries filamenteuses qui font partie des micro-organismes efficaces et qui aident à la prédigestion de la matière organique. Laissez-la faire son travail.

Normalement, non. Les moucherons (drosophiles) sont attirés par les matières en décomposition aérobie (pourriture) et par l'acidité non contrôlée. Si votre Bokashi est hermétique et que la fermentation lactique est saine, ils ne devraient pas être attirés. Si vous en voyez, cela signifie que le seau n'est pas étanche ou que le milieu a commencé à pourrir (voir la section sur les mauvaises odeurs).